Vue d'Awoua centre
Mendzang
Vipère du Gabon
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PAYS FANG
Le peuple Fang est un groupe linguistique très disséminé en Afrique Centrale, notamment de la République centrafricaine jusqu’au Congo en passant par le Cameroun, la Guinée-équatoriale et le Gabon, voire en République de Sao Tomé où les 9,5 % d’une population estimée à 175.883 sont fang et parlent encore cette langue malgré la forte pression du portugais. Ses origines soulèvent des débats interminables et des controverses dans les milieux scientifiques qui s’intéressent à l’histoire de ce peuple de migrants. Peuple d’agriculteurs, de semi-éleveurs, de défricheurs et de forgerons, ce qui expliquerait partiellement aujourd’hui leur implantation forestière. Les Fang sont également un peuple qui pratique le semi-élevage (ou proto-élevage). Il n’y a pas de village fang sans la présence des moutons, cabris, porcs, poules et canards…Ils servent de monnaie d’échange (survivance du troc) surtout lors des cérémonies de mariage coutumier et de retrait de deuil (Propos de ONDO MBA Louis, 2OO1). Notre propos tient à une présentation synthétique de cette société à l'histoire très controversée. D’après les récits du Mvet et nos interviews auprès des vieux, la migration vers la forêt est générée par les invasions étrangères les conduisant au bagne, au refus de soumission pour une société sans castes, puis à la disette. Ce sont tous ces éléments qui justifient leur présence en haute Égypte et Éthiopie. Ils ont cohabité avec l’homme blanc (les esclavagistes Arabes certainement) avant de disparaître dans la forêt (véritable abri)., Il faut noter que les causes des migrations fang sont multiples. Cependant, nous pouvons les regrouper en deux catégories : les causes extérieures et les causes intérieures. Les premières sont les invasions étrangères, les guerres ethniques dont les récits du Mvet font le plus souvent état ; les secondes en revanche, sont évoquées dans l’opuscule de ONDOUA ENGUTU, Dulu bon be Afiri Kara. Père des Fang, Afiri Kara, Avant d'aborder le processus et les différentes étapes du mariage chez les descendants de "Afiri Kara", nous avons trouvé indispensable vous présenter l'origine des Fang.
La communauté fang fut crée par "Afiri Kara". Il est le père fondateur du groupe ethnique fang.
Selon Papa Nso'o Oyono, chef du Canton de la tribu Angok, (Ntou Angok, Ebebiyin, province de Kyè Ntem, Guinée Equatoriale) qui narrait le récit laissé par nos ancêtres,
le groupe ethnique Fang fut créé par "Afiri Kara" à Okuigne après que "Zame ye Mebeghe" ait créé le monde. Aujourd'hui, Okuigne reste un lieu énigmatique, un lieu difficile à identifier avec précision.
Mais, il semblerait, d'après Papa Nso'o Oyono, qu’Okuigne devrait se situer vers le Sud de l’Égypte, entre le Tchad, le Soudan et l’Éthiopie.
"Afiri Kara" avait eu six enfants qui ont créé ce que nous appelons aujourd'hui, le peuple fang. Voici ci-après, les différents enfants de "Afiri Kara":
La société FANG : Géographie, Histoire, Ethnologie, Sociologie, Religion, Croyances, Mythologie, Mvetologie, etc...
Aperçu historique
- Fang Afiri, fut l’aîné de la famille,
En se séparant de ses fils au sortir de la grande eau (probablement vers le Haut Nil), il dit à ces derniers d’aller habiter le pays bordé par une vaste étendue d’eau, là où le soleil disparaît de manière verticale. Pour y arriver, ils (Fang et autres Noirs), doivent suivre les mouvements de la lune, du soleil et emprunter les cours d’eau depuis leurs sources. voir aussi Petit historique
- Okack Afiri, fut le deuxième enfant,
- Meyu m’Afiri et Ndene furent deux jumeaux,
- Ntumu Afiri fut le cinquième,
- Ngè Afiri, fut la seule fille de la famille.
La question de Dieu constitue l'une des interrogations énigmatiques aujourd'hui. Le Mvet parle d'Eyo, l'incrée, le commencement. Dans la pratique, la présence de nombreux rituels et croyances à certains objets (reliques par exemple) sucitent moult réflexions. Jadis, le culte le plus re´pandu chez était celui des ancêtres, le biére ( ou biéri). Il était donc pour les Fang le garant du monde vivant. Il favorisait toutes ses entreprises. Il rendait les femmes fécondes, donnait la richesse, assurait le succès des expéditions guerrières, de la chasse, protégeait les guerriers, veillait sur les individus. Cette société était inconcevable sans le biére. La croyance en une transmission de la force divine via celle des morts aux vivants qui garantit la survie et la permanence du groupe, est une donnée essentielle de la spiritualité Fang. De cette croyance dépend un réseau complexe d'alliances qui déterminent et organisent les liens qui unissent les vivants et les morts, liens qui sont enrichis par des actes spécifiques suscités par des cirsconstances particulières. Le culte était d'ordre familial et privé. C'était un homme marié ayant des enfants qui pouvait le célébrer. De nos jours, il existe encore de telles pratiques mais faites très discrètement, car la société s'est très fortement christianisée. De telles pratiques peuvent même vous conduire en prison, voyez-vous où en sommes-nous arrivés.
La danse chez les fang est une question d'existence du groupe au même titre que les contes, légendes et toute autre forme d'expression orale. La danse est à la fois jouissance, moyen de communication et d'enseignement. Ici, la danse est un art. On ne s'improvise danseur de Mekom (voir image ci-dessous), de Ngong ntang, d'Epolito, d'Omias, de Mbatwa, d'Akoma Mba, de Nlup, de Melan etc. En revanche, il existe des danses populaires comme l'élone ou le medzang par exemple qui, n'ont pas, a priori, des exigences stylistiques pour le danseur. Ce sont des danses récréatives à la différence des premières qui sont des danses rituelles. La danse révèle une grande diversité d'aspects inégalement significatifs. Les danseurs s'identifient à des héros imaginaires ou à certains animaux. Pour comprendre les danses fang, il faut surtout s'interesser à la fois au signifiant, le contenant, les parures et au signifié, le contenu (le faisceau de messages). C'est très dommage qu'aujourd'hui beaucoup de danses rituelles soient devenues très rares, voire disparues notamment les danses du So, du Ngî, d'Ésis...


Le mvet, c'est, comme l'avait dit Tsira Ndong Ndoutoumou, à la fois la harpe, le diseur et la philosophie. C'est cet ensemble qui est mvet. La harpe (cf.Photo), est cet instrument musical qui requiert les attributs de l'irréel et du réel, avec ses trois calebasses sphériques, ses quatre cordes recourbées en leur milieu et soutenues par une tige concentrique émanant du palmier raphia. Le Mvet naît du coma d'Oyono Ada Ngone à qui le mystère est révélé par ses ancêtres via l'instrument mvet qui, existait déjà. Cliquez ici pour la suite du Mvet oyeng (texte et audio)

Ce nous désignons par pays fang, ne doit se perçevoir que d'un point de vue socio-géographique : une société homog&egrve;ne malgré sa diversité de parlers, de coutumes...qui occupe un espace géographique précis que nous essayons de présenter très brièvement. L'artiste PC Zeng, le maître barbe Akuè Obiang pour ne citer que ceux là, l'ont déja fait avant moi à travers leurs oeuvres. La sociàté FANG ou BETI est souvent désigné sous l'appelation PAHOUIN. Il faut retenir que ce terme est impropre, mais il est commode. Il n'existe en effet aucune désignation africaine s'appliquant à l'ensemble du groupe de population étudié ici. À l'occasion du mouvement de regroupement politique des tribus, des tentatives d'adoption d'un nom du groupe sont restées lettres mortes. Une seule désignation fera l'affaire de tout le monde, notamment des scientifiques chercheurs qui se perdent dans ces nombres terminologies et, parce qu'il ne donne la prééminence à aucune d'entre elles. Le congrès de Mitzic de 1947 réunissant des Fang, des Boulou, des Ntoumou, des Mvaé, des Ewondo et des Fong, prit le nom de congrès Pahouin, Ntoumou, Boulou, Mvaé et Fong se refusant à être englobés dans l'appellation FANG. A ce jour, les appelations BETI et FANG tendent à devenir synonymes et englobent de ce fait les autres.
Carte du pays au 19e siècle

Source: Fang de Laburthe-Tolra & Falgayrettes-Leveau, 2001
La géographie du pays Fang ou Beti n'a pratiquement pas changé depuis le 19e siècle (carte ci-dessus). La densité de la population augmente sans cesse. Les villages ont gagné en taille à cause du mouvement de regroupement de villages. Toutefois, le front côtier est atteint. On trouve le groupe Fang (ou Beti) sur toute la côte allant de Kribi (Cameroun) jusqu'à Port-Gentil (Gabon). Contrairement à certains historiens gabonais qui affirment que les fang sont arrivés au Gabon courant du 18e siècle, reprennant ainsi à la lettre les rapports des explorateurs occidentaux, un groupe de jeunes chercheurs fang amorcent des recherches visant à discréditer cette thèse et aussi celle de la bantouité des fang.
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